Le Plan d’Épargne Retraite (PER) : un pilier pour préparer sa retraite et optimiser sa fiscalité
Article mis à jour le 5 octobre 2026
Créé par la loi Pacte en 2019, le Plan d'Épargne Retraite (PER) permet de se constituer un complément de revenus pour la retraite tout en réduisant son impôt aujourd'hui. La loi de finances pour 2026 en a modifié deux règles importantes. Voici comment fonctionne le PER, ce qui a changé, et dans quels cas il est vraiment intéressant.
Les trois formes de PER
- Le PER individuel : ouvert à tous, il a remplacé le PERP et le contrat Madelin.
- Le PER collectif : proposé par l'entreprise à l'ensemble des salariés, il a remplacé le PERCO.
- Le PER obligatoire : mis en place par l'entreprise pour tout ou partie des salariés, il a remplacé les contrats dits « article 83 ».
L'épargne est transférable d'un PER à l'autre, ce qui permet de regrouper ses différents plans.
La déduction fiscale des versements
Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d'un plafond. Pour un salarié, il est égal à 10 % des revenus professionnels de l'année précédente, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 € pour les versements de 2026. Les travailleurs non salariés disposent d'un plafond spécifique, plus élevé. Un couple marié ou pacsé peut mutualiser ses plafonds.
Ce qui a changé avec la loi de finances pour 2026 :
- Le report des plafonds non utilisés passe de 3 à 5 ans, mais seulement pour les plafonds nés à partir de 2026. Ceux de 2023, 2024 et 2025 restent reportables 3 ans.
- Les versements effectués à partir de 70 ans ne sont plus déductibles, depuis le 1er janvier 2026. En contrepartie, leur sortie bénéficie d'une fiscalité allégée.
Il est aussi possible de renoncer à la déduction au moment du versement. Ce choix est irrévocable pour le versement concerné, mais il allège la fiscalité à la sortie : il peut être pertinent pour un contribuable faiblement imposé.
Exemple : l'intérêt dépend de votre tranche d'imposition
Un salarié qui perçoit 30 000 € de revenus professionnels a droit au plafond minimum, soit 4 710 € de versements déductibles en 2026. S'il est imposé dans la tranche à 11 %, ce versement lui fait économiser environ 520 € d'impôt. Un cadre imposé à 41 % qui verse la même somme économise environ 1 930 €. L'avantage fiscal du PER est donc d'autant plus fort que votre tranche d'imposition est élevée.
Une gestion adaptée à votre horizon
Par défaut, l'épargne est placée en gestion pilotée « à horizon » : elle est davantage investie en actifs dynamiques lorsque la retraite est lointaine, puis progressivement sécurisée à l'approche de celle-ci. Cette gestion intègre désormais une part d'actifs non cotés, qui varie selon le profil choisi. Vous pouvez aussi opter pour une gestion libre.
Une épargne bloquée, avec des exceptions
L'épargne est en principe indisponible jusqu'à la retraite. Elle peut toutefois être débloquée de manière anticipée en cas d'achat de la résidence principale (sauf pour les sommes issues de versements obligatoires), ainsi qu'en cas d'accident de la vie : décès du conjoint ou du partenaire de PACS, invalidité, surendettement, expiration des droits au chômage ou cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire.
La sortie : capital, rente ou les deux
À la retraite, vous choisissez entre une sortie en capital, en une ou plusieurs fois, une rente viagère, ou un mélange des deux.
- En capital, la part correspondant aux versements déduits est soumise à l'impôt sur le revenu au barème, et la part correspondant aux gains au prélèvement forfaitaire.
- En rente, celle-ci est imposée comme une pension de retraite, avec des prélèvements sociaux sur une partie de son montant.
Depuis le 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux applicables aux gains du PER sont passés de 17,2 % à 18,6 %. L'assurance-vie, elle, est restée à 17,2 %.
La transmission
En cas de décès avant la retraite, le sort de l'épargne dépend du type de contrat. Un PER assurantiel bénéficie du cadre fiscal de l'assurance-vie, plus favorable lorsque le décès survient avant 70 ans. Un PER bancaire (compte-titres) intègre la succession et suit les règles des droits de succession classiques. Le choix du type de PER compte donc aussi pour vos proches.
Le vrai sujet : la fiscalité à la sortie
La déduction est réelle et immédiate, mais l'impôt économisé à l'entrée est en grande partie dû à la sortie. Le PER est surtout gagnant si votre tranche d'imposition baisse à la retraite, et si l'épargne est réellement investie pendant toute la durée du plan. J'ai détaillé ce point dans l'article PER pour professions libérales : les pièges fiscaux à éviter.
En résumé
Le PER reste un outil puissant pour les contribuables fortement imposés qui préparent leur retraite, à condition de le choisir pour ses frais, son allocation et sa fiscalité de sortie, et pas seulement pour l'économie d'impôt de l'année. Avec la loi de finances pour 2026, il récompense davantage ceux qui l'alimentent avant 70 ans et qui savent utiliser leurs plafonds disponibles. Pour savoir s'il a sa place dans votre stratégie, consultez notre page Préparer sa retraite à La Rochelle.
Sources : loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 (articles 9 et 10) et commentaires de l'administration fiscale ; loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 pour les prélèvements sociaux ; plafonds de déduction 2026 publiés par l'administration.
Article rédigé à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les règles fiscales citées sont celles en vigueur à la date de mise à jour et peuvent évoluer. Les supports en unités de compte présentent un risque de perte en capital.