Assurance-vie : fonctionnement, fiscalité et transmission
Article mis à jour le 5 octobre 2026
L'assurance-vie reste le placement préféré des Français. Elle permet d'épargner à long terme, de garder son argent disponible et de transmettre un capital dans un cadre fiscal favorable. En 2026, elle a même été épargnée par la hausse des prélèvements sociaux qui a touché la plupart des autres placements. Voici l'essentiel pour comprendre comment elle fonctionne.
Comment fonctionne un contrat d'assurance-vie ?
Vous effectuez des versements, libres ou programmés, sur un contrat ouvert auprès d'un assureur. Ces sommes sont investies sur deux grandes familles de supports :
- Le fonds en euros : le capital est garanti par l'assureur, avec un rendement modéré qui évolue chaque année.
- Les unités de compte : des supports variés (actions, obligations, immobilier, comme des SCPI…) au potentiel de rendement plus élevé, mais qui présentent un risque de perte en capital.
Votre épargne reste disponible : vous pouvez effectuer à tout moment un retrait partiel, appelé « rachat », ou récupérer la totalité du contrat.
La fiscalité des retraits
Lors d'un retrait, seule la part de gains comprise dans la somme retirée est imposée, et pas le capital versé. Le taux dépend de l'ancienneté du contrat.
| Ancienneté du contrat |
Impôt sur le revenu sur les gains |
Prélèvements sociaux |
| Moins de 8 ans |
12,8 % (ou barème progressif sur option) |
17,2 % |
| Plus de 8 ans |
Abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple), puis 7,5 % pour les gains liés aux versements jusqu'à 150 000 €, et 12,8 % au-delà |
17,2 % |
Taux applicables aux gains issus des versements effectués depuis le 27 septembre 2017. Sur le fonds en euros, les prélèvements sociaux sont prélevés chaque année sur les intérêts.
L'assurance-vie épargnée par la hausse de 2026. Depuis le 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux sont passés de 17,2 % à 18,6 % sur la plupart des revenus de placement, notamment le PEA, le compte-titres et le PER. Les gains de l'assurance-vie en ont été exclus et restent à 17,2 %.
Exemple : un retrait après 8 ans
Un épargnant a versé 100 000 € sur un contrat ouvert il y a plus de 8 ans, qui vaut aujourd'hui 120 000 €. Les gains représentent donc un sixième du contrat. S'il retire 27 600 €, la part de gains comprise dans ce retrait est de 4 600 € : elle est entièrement couverte par l'abattement annuel, donc sans impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux restent dus sur ces 4 600 € de gains, soit environ 790 €, sauf pour la part déjà soumise aux prélèvements sur le fonds en euros. Chaque année, le même raisonnement permet de retirer une partie de son épargne en limitant l'impôt.
Un outil de transmission
Au décès de l'assuré, le capital est versé aux bénéficiaires désignés dans la clause bénéficiaire, en dehors de la succession. La fiscalité dépend de l'âge de l'assuré au moment des versements :
- Versements avant 70 ans : chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 €. Au-delà, le capital est taxé à 20 %, puis à 31,25 % pour la fraction qui dépasse 700 000 €.
- Versements après 70 ans : un abattement global de 30 500 € s'applique à l'ensemble des bénéficiaires, puis les droits de succession classiques. Les gains réalisés sur ces versements sont en revanche exonérés.
- Le conjoint et le partenaire de PACS sont totalement exonérés.
La rédaction de la clause bénéficiaire est déterminante : une clause trop générale ou mal à jour peut produire l'inverse de ce que vous souhaitiez.
Les points de vigilance
- Les frais : frais sur versements, frais de gestion annuels, frais des supports. Sur 20 ans, quelques dixièmes de point d'écart représentent des milliers d'euros.
- L'allocation : un contrat laissé à 100 % en fonds euros protège le capital, mais il a peu de chances de battre l'inflation sur le long terme. À l'inverse, les unités de compte exposent à des baisses.
- La date d'ouverture : c'est l'ancienneté du contrat qui compte pour l'avantage fiscal, pas celle des versements. Ouvrir un contrat tôt, même avec un petit montant, fait courir le délai de 8 ans.
En résumé
- L'assurance-vie combine sécurité (fonds en euros) et potentiel de rendement (unités de compte).
- Elle reste disponible à tout moment, avec une fiscalité allégée après 8 ans.
- Ses gains restent soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux, contre 18,6 % pour la plupart des autres placements depuis 2026.
- Elle permet de transmettre un capital hors succession, dans un cadre fiscal avantageux.
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Sources : Code général des impôts (articles 125-0 A, 990 I et 757 B) ; loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 pour les prélèvements sociaux.
Article rédigé à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les règles fiscales citées sont celles en vigueur à la date de mise à jour et peuvent évoluer. Les supports en unités de compte présentent un risque de perte en capital.